| HOLLANDE PRESIDENT Ca y est, nous avons un nouveau président, François Hollande qu'il s'appelle, c'est pas zarbi, ça, pour un Français d'avoir pour nom Hollande, un truc à signaler à la cellule FIN de Rawai mais lequel avertir, ils sont si nombreux, ils ont fait 99% aux élections, ici, ils cherchent activement le centième pour le lyncher, j'ose pas dire que c'est moi alors j'ai balancé mon voisin, un Norvégien, je leur ai dit qu'il a un passeport français, un buste de Jaurès dans son salon, et toute la collection de Zola dans sa bibliothèque, il déclame des poèmes de Victor Hugo, le matin, en se levant. Ni une ni deux, ils ont brûlé sa maison, ils ont même empalé le chien, Dindon qu'il s'appelait, brave clébard certes, mais un peu con aussi, il a bouffé trois fois son maître qui voulait juste rentrer dormir peinard chez lui, Dindon ne l'a pas reconnu, il n'avait plus de flair. Faut dire qu'il était presque centenaire, le clebs, un dingo australien, je crois, une race chelou, hyper parano sur le kangourou, un syndrome inouï, il se croyait chez lui en Australie, le cabot, il a pris le proprio pour le dernier des voleurs, pour le yéti, il a bouffé Ali Baba dans sa propre caverne, dans son lit. Le meilleur ami de l'homme qu'on dit. Sale bête, oui. Hollande président. Il a plutôt l'air sympa, le mec, on dirait qu'il met moins d'ego dans l'histoire, moins de cinéma que bien d'autres, il me semble davantage concerné par sa fonction plutôt que par son aura, l'avenir nous le dira. J'ose croire que cet humaniste marquera son époque, plantera sa griffe dans l'air du temps. Hollande président. Son air bonhomme est plutôt un gage de confiance, dans son physique apparaît un coté rabelaisien qui me plait, un air d'été, entre le temps des cerises et les congés payés. Plus proche de nous que ces prédécesseurs, vraisemblablement, plus humble également, il promet la transparence, ce qui n'a jamais été la caractéristique de cette fonction, un flou artistique a toujours régné quant à de nombreux intrigues, magouilles et secrets entourant cette demeure qu'on nomme l'Elysée. Hollande président. Il veut même rester vivre chez lui, le temps de son mandat, il refuse d'habiter au palais, du jamais vu chez les élites. Vous me direz, tant que l'épicier te livre quelques caisses de beaujolais à domicile afin de survivre à l'hiver malgré la crise, ça devrait le faire. Néanmoins, la cave de l'Elysée doit être géante, voire inouïe, t'as pas assez de temps pour la vider, cinq ans, c'est pas assez. C'est pour ça qu'ils ont l'air tous bourrés, c'est pas de la piquette qu'ils écument, c'est du lourd, la meilleure cave de France, je vous dis. Quoi ? on peut rêver, non ?! Un ancien ministre me confirmait hors micro, pour y avoir souvent goûté au goulot dans les beaux salons dorés, le poivrot, je cite ses mots : « C'est pas des bouteilles de PD, c'est de la balle, le machin, quand t'es ministre, c'est carrément la barrique, le tonneau, c'est du lourd. » Et vous savez tous que je ne mens jamais, je ne romance aucunement, hein ?! Hollande président. Moi, ce type me plait, je l'ai écouté comme vous tous, il ne saurait faire pire que les autres, je lui souhaite bonne chance, il fera son possible sans écraser la misère, c'est sûr, il porte en lui une espérance. Cependant, je ne crois pas que les politiques pèsent autant, aujourd'hui, dans notre univers, la finance a pris le relais dans ce monde vénal. Bon, je sais pas vous mais, moi, je vais soigner mes fièvres, la dengue encore, à moins que ce ne soit la malaria. Putain, c'est pas gagné. Font chier ces moustiques.
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| | BONJOUR PRESIDENT Un nouveau président, il parait, non pas le camembert, bien sûr, mais celui de la république. Y en a, c'est des rois, y en a d'autres, c'est des présidents, c'est ainsi, nous, c'est des présidents. Y a même des roi-présidents, c'est pour dire, c'est plus rare mais y en a, en Corée du Nord, je crois, faut voir ce qu'ils en chient aussi, c'est déjà pas gagné avec un président, alors les deux à la fois, c'est du lourd. J'arrive même pas à être le président de chez moi, bon dernier de l'histoire, ma fille et ma femme passent avant, d'autorité, c'est elles qui l'ont imposé, alors président de la république, vous imaginez, hein?! Moi, non. D'un autre côté, président, ça n'a jamais été vraiment ma tasse de thé, une seule fois, je crois me souvenir, président des élèves, une année, un vrai bordel au lycée, ils n'ont pas voulu renouveler l'affaire, trop risqué. Alors j'ai viré anachorète, j'ai revendu mon costume de scène au rabais et me suis mis en quête d'une grotte, n'est pas ermite qui veut. J'ai demandé à tous les allumés qui passaient là, adeptes de Shiva ou bien de Bob Marley, les deux écoles de l'époque, s'ils ne connaissaient point une caverne pour l'été, l'hiver bonjour. Ils m'ont gentiment recommandé quelques granges a hippies en Ariège dans les Pyrénées, c'est là-bas qu'ils se fournissaient, c'est là-bas que ça poussait. Les illuminés, ça foisonnait, qu'ils disaient, des Jésus et des Bouddhas comme s'il en pleuvait, y avait même des Krijnahs et autres ninjas, un genre nouveau qui essayait de tirer la couverture à soi, des jaloux. Ni une ni deux, je file là-bas pour me ressourcer auprès de dame nature, à portée de Bernadette Soubirous, dans une grotte voisine, mais l'histoire fut toute autre, ils avaient déjà inventé les raves-party, les hippies, c'était l'année de l'ecstasy. J'ai pas pu terminer ma licence d'anachorète, j'ai dû redoubler, j'étais pas concentré. Font chier ces babas, ils m'ont bousillé mes études, au moins autant que les blaireaux, un savant mélange à vrai dire, on sortait à peine des années-banania. Du coup, j'en ai pas foutu lourd, au rythme où ça partait, ma carrière était déjà niquée. Je me suis laissé emporter par les atmosphères, j'ai pas été pleurer ma mère, le coté littéraire. Sur la route, quoi. J'ai rien demandé à personne, même pas aux miens des fois qu'il faudrait leur rendre, ils n'avaient déjà pas grand-chose, je me voyais mal leur taper leurs deux balles d'économie pour aller me taper la cloche jusqu'à la lie, y en aurait eu pour des générations que de cette folie, des culpabilités en wagons, de pugilat, des tonnes et des camions, mille ans après, ils en auraient parlé encore : “Le petit batard, il a jamais rendu le blé!”. J'ai préfère m'arracher désargenté, j'ai croisé mon père qui partait bosser, sur le palier, je lui ai dit que je partais humer le parfum des tempêtes sur les rivages oubliés. Vaste programme a-t-il confirmé, il m'a demandé si j'avais pas croisé Ulysse, notre vieux boxer irlandais handicapé, un chien perdu qui nous avait trouvé, une race unique, il n'en avait sorti qu'un exemplaire, la mode n'a pas suivi, Ulysse est tombé dans l'oubli. Il devenait fou à chaque fois que Babouche passait, le chat du voisin, un sacré de Birmanie, s'il vous plait, la star du quartier, il faisait le malin devant Ulysse qui n'avait que trois jambes pour le courser, une putain d'aventure, c'était jamais gagné. Je suis donc parti, une petite cigale passait, elle m'a pris la main et m'a dit viens, comme dans le début de “la mémoire des vaincus” de Michel Ragon, quand Flora prend la main de Fred : “Allez viens, on va faire la vie…” à chacun ses héros. Un accent de Rimbaud dans la pupille et vogue le bateau ivre jusqu'au bout de la nuit. Président, je laissais tomber, trop compliqué, un dur métier. Je me destinais vers des horizons plus secrets, les foules n'auraient pas marché, c'était d'avance joué. Clown, peut-être, mais pas président, ça l'aurait pas fait. Je suis donc allé courtiser les muses, l'ambiance était plus détendue, aucune tenue exigée, peinard à souhait. Je vous rassure, y avait pas grand monde, j'étais le seul pour ainsi dire, on avait droit à cinq mille kilomètres de rivages oubliés chacun, pour le coup, afin de trouver le spleen au milieu des mangroves, bonjour les moustiques. J'en ai ramené une folle dengue dans mes bagages, un morceau de fièvre à faire chuter un pachyderme. J'ai passé des heures à côtoyer les anges, des jours et des nuits. Des meetings avec Jésus, avec Bouddha, j'en ai eu cent dans mes délires paludéens, je suis même entré sur le domaine des génies, c'est Boulbet, le con, qui m'a embrouillé, « som nam na » qu'il disait, il faisait le malin avec son palud. Dites, j'ai fait une rechute les deux dernières semaines, la dengue encore, j'ai pas bien suivi les élections, il parait que Boulbet s'est présenté, j'en étais sûr, il est balaise Tabé ! Je sais pas vous mais, moi, j'ai une montée de fièvre, une crête, un sommet, je crois bien que je vais m'allonger, font chier tous ces fantômes avec leurs caprices, leurs voluptés, vivement que je trépasse afin de survivre à l'histoire. Dites, c'est qui le président ? |
| | EPHEMERE J'ai les doigts qui me démangent, un air de Clapton qui passe et mille et un guitaristes se joignent à l'histoire afin de tabasser le bœuf, de taper le bœuf voulais-je dire, un excès d'enthousiasme m'a un moment égaré, un machin à se mettre toutes les associations pour défense des animaux à dos à tout jamais, sur un simple lapsus, alors que je me lamentais pour une guitare, je voulais juste donner ma griffe sur cette chanson légendaire, une improvisation éphémère. Le sel de la vie, quoi. Mais j'ai plus de guitare, je l'ai vendue y a des mois pour payer l'école de ma fille, j'étais content qu'elle serve ainsi, elle me rendait alors un fier service même si mes doigts en pleurent encore. Y a un truc géant dans l'écriture, c'est que, même si tu es de ce monde le dernier, comme aucun autre déshérité, une plume et un bout de papier te suffisent pour jeter ta sève sur la voie lactée ou bien même dans cette putain de zone qui nous entoure jusqu'au bout de la nuit, crève-la-dalle ou gavé, il te faut maintenant composer avec l'alchimie verbale, il te faut balancer ton foutre dans l'immensité. Un stylo et quelques feuillets, c'est pas cher donné. C'est pas pour autant gagné, faut pas rêver. Le verbe, faut-il y avoir passé du temps à le cultiver, à le dompter, c'est comme un os qu'on aurait rongé par tous les bouts, jusqu'à la moelle épinière, jusqu'à ne plus s'en défaire. La schizophrénie s'en empare, elle rentre dans l'histoire, tu ne vis plus que sur un pied dans l'atmosphère, l'autre est dans l'imaginaire. Tu fais feu de tout bois afin de ne nourrir, pour ainsi dire, que cette sphère quitte à provoquer quelques feux follets. Mais comme disait Verlaine, ce n'est que de la littérature, même si cette chienne a tendance à te rendre chèvre. Dès que les muses, la nuit venue, courent sur le rivage, voilà que ton être se transcende sous la voûte, épris de folles galopades dans l'univers émotionnel, tes neurones percutent la lumière à une vitesse dingue, c'est le bal des métamorphoses. Suive qui pourra. Ton essence qui se répand et qui se mélange au tout venant, rire et larmes atteignent leur paroxysme sans qu'une forme de lucidité ne vienne à te manquer, nuance oblige, quelqu'en soit le délire, tu vis dans la réalité, tangible ou non, les fantômes n'ont qu'à bien se tenir, ils n'ont plus seuls cette exclusivité. Les volcans surgissent dans la nuit du monde, mille et un tsunamis déferlent sur les rivages ivres de chaos, les bateaux ne savent plus ou toucher terre, ou s'amarrer. Océan et lande, rivage et bocage viennent se mélanger, c'est la mare aux canards, la fête des batraciens. Moitié singe, moitié poisson, je surfe sur la vague entre mer et mangrove, je touche à mon identité entre brasse et grimace, moitié crabe, moitié lémurien. Dites, vous avez vu ? On a échappé au pire, un tsunami s'est presque levé pour nous écraser, nous faire déchanter… alors, plutôt qu'un requiem, on va se la jouer carpe diem. Font tous chier avec leur éternité.
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| | Ô TOULOUSE ! Que dire de tout ce qui nous arrive, hein?! J'en ai le souffle coupé, presque, nous vivons des temps de grandes fractures, une époque de mutation. Et dire que je suis Toulousain, j'en éprouve un sentiment particulier que dans la ville rose une telle folie soit possible, j'en suis tout retourné, j'en perds mon latin à vrai dire, je ne reconnais plus les miens, le serment est cassé, celui de la grande cité, celui qui nous unissait, ce petit con est venu tout polluer avec ses idées à deux balles issues, non pas de la culture musulmane, mais de la civilisation hollywoodienne, la civilisation de l'image, les scénarios à deux francs cinquante qui portent au sommet le culte de la personnalité plutôt que d'oser s'aventurer sur le domaine de la pensée, la version pathétique de l'humanité. Le genre humain est capable de tout, du pire comme du meilleur, nous venons de vivre la plus mauvaise des versions, font chier tous ces cons qui se prennent pour dieu, font chier tous ces élus épris de mission évangélique ou non, foutez-nous la paix avec vos connections divines, un fond de bon sens devrait suffire, c'est Jean Boulbet qui ne cessait de le penser, le bon sens commun lui paraissait souvent bien meilleur que toutes ces idées générées par les sauveurs de l'humanité, j'adhère à sa pensée. Le genre humain reste partout le même, ses qualités et ses travers sont identiques où que l'on soit, les atmosphères changent, seules, un temps donné, c'est tout, les mêmes folies nous accompagnent, toujours, entre guerre et paix. Des contentieux énormes surgissent, des failles sans fin, les victimes finissent même parfois par devenir de véritables bourreaux, c'est con mais c'est ainsi, on ne se refait pas, faut croire, le genre humain a fâcheusement tendance, quelquefois, à perdre toute mémoire du fond des madrasas pakistanaises jusqu'à Mohamed Merah, et dans bien d'autres sphères toutes cultures, toute religions mélangées, qu'on se le dise. Toujours est-il que ces petits voyous épris de guerre, ces dictateurs en herbe, ne déplaceront pas des montagnes dans le domaine de la pensée, le sort qu'ils nous réservent dans leur argumentaire est bien pire que tous les autres encore, l'Histoire est pleine d'exemples sur ce thème, les bûchers abondent dans l'Histoire de l'humanité, le cimetière est leur emblème, les armes en guise de drapeaux, ils nous creusent les tombes de toute liberté. Moi, Français, j'ai grandi avec tous, Arabes, Espagnols, Italiens ou Portugais, toutes les confessions étaient représentées, chrétiens, juifs et musulmans, j'en ai appris la richesse de la diversité, j'en ai appris la vie cosmopolite de notre monde d'aujourd'hui, mes premières fiancées sont issues de ces communautés, Je suis né et j'ai grandi dans le même quartier que Mohamed Mehra, Nougaro aussi, les Minimes ne sont pas si loin, nous avons tous été sur les bancs de la même école, l'école de la république, elle s'appelait « Ecole Jules Ferry », c'est pas des conneries. Issus de l'immigration ou non, nous étions tous les doigts d'une même main, nous composions ensemble le quotidien, on mangeait au même plat, cassoulet, couscous ou paella, c'était le temps de l'amitié, le temps de la paix. C'est là-bas, moi qui suis loin aujourd'hui, c'est pourtant là-bas que j'ai appris la fraternité. Je suis triste, aujourd'hui, de voir naître en ce lieu un élan contraire… Ô Toulouse !
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| | C'EST PAS GAGNE La vie qui passe comme une longue course sur l'asphalte, non sur le moment certes, mais avec un certain recul; en live, c'est différent, les neurones virevoltent pour survivre à l'histoire, faut gérer la furie qui déboule à tous les étages, pas toujours le temps de philosopher sur l'instant, à vif, dans l'œil du cyclone, à fond les ballons, la démence tout azimut sur un fond surréaliste dans les affres de la tourmente entre un millier de claques qui volent tout autour comme seul environnement tangible, le décor est planté. La vie au quotidien, quoi. Evidemment, y en a toujours un, de crétin, pour nous mystifier avec son sempiternel “c'est fou ce que le temps passe vite”, abruti, oui, va dire ça quand ça craint de tout coté sans joker aucun pour te retourner, les bons moments certes, mais pas la galère, quand elle s'installe, c'est généralement pour durer, la chienne, ça s'attache vite, ces sales bêtes, ça te colle a la peau pour des années, des décennies, voire des vies, c'est ainsi. C'est pas pour gâcher l'atmosphère que je dis cela, c'est juste qu'il y en a marre de leurs refrains à deux balles, leurs sornettes débiles, leurs enthousiasmes redondants afin de se persuader que tout ça valait la peine d'être vécu, une façon comme une autre de ne pas se suicider tout de suite malgré ce doute qui plane intérieurement jusqu'à ton lit de mort. C'est pas gagné. On va y aller plus léger dans l'aventure sans avoir à donner des gages de santé mentale à ce point inouïs afin de gaver ceux qui nous entourent que tout va pour le mieux puisque c'est si rarement le cas, hein ?! Jusque-là tout va bien… sauf que la démence devient exponentielle dans la sphère, et qu'on est loin d'être tiré d'affaire. Pas de quoi s'époumoner, donc, ni afficher des sourires béants à tout bout de champ, ça ferait chelou, pas crédible, des fois qu'on te prendrait pour un adepte de ces confréries ivres de béatitude prêt à s'émerveiller au moindre brin d'herbe rencontré en chemin ou autre scarabée déboulant sur ta route aveuglement tel un damné, moustique fiévreux, ortie phalloïde, fourmi tueuse, rafflesia carnivore, sangsue vorace ou bien même bouton d'or et coccinelle des neiges. Font chier, ces contemplatifs. Pas besoin non plus d'en rajouter ô combien en sens contraire comme ces dingues enragés avides de tout exterminer, le genre humain en premier, le cinoche de ceux qui se proclament épris de bien-commun, de nouveaux bûchers en perspective pour enfin renaître à jamais, les sauveurs de l'humanité, un type récurrent dans l'histoire de la civilisation, un regard manichéen comme il n'en faut plus aucun, le cancer des fortiches et du super héros à la petite semaine davantage en quête de faire régner la terreur chez le voisin que chez lui-même, quoiqu'il soit capable de terroriser les siens aussi, le bâtard, le fils de sa race, le tyran, l'histoire de la poutre et la paille qu'on se fourre dans l'œil, quoi, un classique. Je disais quoi, là ? Ah oui, la nuance ! Sans cet attribut dans la cervelle, rien n'est possible, un dialogue de sourds, je vous dis, une calamité, le bal des arrogances et des susceptibilités, la bêtise en avant toute pour seul étendard, seul drapeau, une tannée ! Y a mieux à faire, non ? Il suffit de considérer que l'on n'est point le seul élément dans l'histoire sans pour cela devenir le dernier pour autant, loin de là, il est définitivement hors de question de faire des concessions à ce point inouïes et perdre ainsi notre essence, notre poésie. Suivant ce sage principe philosophique, ce matin, je me réveille, philanthrope comme jamais, juste avant de découvrir – stupeur ! – le chat du voisin qui niquait, là, tranquille, dans mon jardin, sur ma pelouse vierge, ameutant au passage le monde quasi entier par ses exploits sonores tout au moins. Il se voyait sorti d'un bouquin de Kafka, il se prenait pour un tigre, le con, il se la jouait roi de la jungle au pays des mille et une nuits, en pleine matinée ! Ni une, ni deux, je file chez le voisin manière de lui pourrir sa journée, personne n'est parfait. Je lui balance à la gueule son putain de chat tout en l'invectivant à souhait afin de paraître crédible dans ma démarche. Le voici carrément furieux, prêt à me lyncher avec ses deux molosses, un pitbull des Indes et un dingo australien, l'embrouille commence à prendre forme… Le moment idéal pour lui résumer la philosophie de ce pays, de ce peuple Thaï, en deux phrases seulement, je vous les écris afin de les connaître aussi : 1. Eviter le conflit en permanence ; 2. Tout ce qui n'est pas amusant n'est pas digne d'intérêt. C'est pas gagné, hein ?! Je vous laisse sur l'affaire méditer. Pendant ce temps, je vais m'en jeter un petit, vous le croirez jamais, une cliente m'a envoyé de France une bouteille de Romanee-Conti, on croit rêver, je m'en vais de ce pas la goûter… à votre santé !
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| | METISSAGE
L'ombre et la lumière… dans une danse légère sur une folle étincelle, une valse éclectique sur un tango argentin, une musique éternelle dans le silence des dieux, le yin et le yang dans toute sa sphère, sa poésie, son mystère. Un bout d'azur et un petit nuage, un grain qui passe dans une flaque de soleil, une brise dans le palais des vents, un opéra résonne sous les cieux et puis un silence. Un olivier planté dans une bambouseraie, un air de rien au milieu de tout, une vague et un palmier trônant sur les cimes, une odyssée particulière, pour lui, pour elle, les tropiques et puis les neiges éternelles. Un diapason debout sur les flots en transe, un bateau ivre et le chant des sirènes, un bouquet de jungle en délire sous la voûte en plein océan sur un écrin d'écume. Toi, moi et de la foudre dans l'atmosphère, des éclairs géants et le tonnerre qui déchire cet immense espace surréaliste aux confins du globe dans le pays des tsunamis sur la terre des volcans. Un rivage oublié et le parfum des tempêtes, un ballet nuptial d'éphémères, les lucioles en fête sous la voûte dans la nuit des îles, une cigale et un grillon aussi, une alchimie qui passe dans l'atmosphère, une métamorphose et un élan lyrique. Un air de Django et puis un nuage, une musique de Miles, So What, et ce putain de blues qui déchire la nuit sur le Domaine des Apsaras. Un bas-relief sur les temples d'Angkor ou bien sur le Borobudur, Aphrodite sous les tropiques et Shiva qui se prend pour Dionysos. Le mystère féminin et la folie des hommes, un dièse sur un bémol et toute la sève qui se balance sous la voûte à cheval sur deux hémisphères. Une brise méditerranéenne dans le palais des moussons, un bouquet de forêt primaire au cœur de la cité millénaire et une grappe de soleil sur des lambeaux d'orage. Ta misère et la mienne dans ce monde en survie, un écho dans la zone et nos regards qui flambent sur une folle ivresse jusqu'au bout de la nuit. Salade de fruits jolie jolie et le sourire des anges en guise d'ouverture sous les feux de la rampe dans l'aube naissante. Une petite frimousse dans le petit matin, un clin d'œil, une grimace et la vie qui danse dans les yeux de Nina. CHAMPAGNE! |
| | UN DOUTE?! Seul et déambulant sous la voûte, sur mon bateau ivre, je vogue à l'appel des sirènes qui me dessinent ma route par quelques sillons habilement tracés sur l'écume afin de mieux me perdre. Facile, ma boussole est cassée, elle s'est emballée et n'en fait plus qu'à sa tète, elle a perdu le nord, elle l'a oublié, trop froid là-haut, faut pas déconner, c'est plutôt le sud qui la branche, moi qui la croyais à l'ouest, elle ne penche qu'à l'est, son dada, c'est l'Asie, c'est toujours vers là-bas qu'elle s'aimante, son caprice, sa petite folie. Moi, je suis. Ebloui par la nuit, dérivant sur les rivages d'Extrême-Orient, le mystère s'épaissit et je glisse irrésistiblement. La magie s'installe, ici plus de carré, tout est rond. Des scènes inouïes défilent sur mes paupières, des opéras fabuleux surgissent devant mes yeux, un océan de lumière passe sous les cieux, un instant de grâce dans le silence des dieux. Ma vie entière dans ce souffle, dans cet élan, je n'ai idée du temps que dans le présent, sans devenir imbécile pour autant, j'ose ma vie sur d'autres éléments. Et même si cela vous parait consternant, demain n'est pas le chemin. Entendez-moi bien, je n'explique rien, j'ai juste un peu de mal à comprendre tout ce qu'on me dit depuis ma plus tendre enfance. Témoin depuis toujours de ces renversants états d'âme, la vie, quoi, je n'en crois pourtant aucun, autant qu'ils puissent être à me soutenir leurs fables, leurs contes, leurs chimères, je tente un pas contraire, j'ose une autre atmosphère. Demain n'est pas le chemin, quoiqu'ils nous disent, c'est juste une façon pour eux de nous mystifier, papa, maman ou même le voisin, c'est juste un tic, une manière, un refrain récurrent quand on ne sait point se taire, quand on se retrouve sur la chaire à expliquer la vie à autrui… tout ce qu'il ne faut jamais faire. Ce n'est pas que j'aime à pousser vers le sens contraire, o combien non, je suis plutôt bon public, est-ce une raison pour nous prendre pour des cons ?! S'il y avait un secret, depuis longtemps on le saurait, les secrets, ca ne se garde vraiment jamais, c'est ce qui se dit en premier. Vous savez quoi?... j'y retourne dans l'histoire, dans la vie, comme nous tous, sans en faire tout un roman, sans appeler maman, je me balade ainsi sous le firmament, sans la ramener aucunement… à chaque jour suffit sa peine, ses tourments. Tiens, j'ai un trouble à l' instant, je pense à Proust et à Dostoïevski… à la recherche du temps perdu entre crimes et châtiments. C'est juste pour taquiner mon pote Virgule, je lui avais promis de ne plus faire de références, il m'assure que ça déroute, parfois. C'est pas pour vous les casser, certes non, il n'y a pas d'élitisme a la clé, jamais, l'histoire de la littérature est là pour nous le rappeler, mais comment voulez-vous que je ne les croise de temps à autres, on vit tous depuis si longtemps ensemble qu'il serait con de les zapper, de Chateaubriand à Céline, d'Homère à Baudelaire, d'Horace jusqu'au dernier de ma race, « nulla die sine linea ». Et puis quelle importance ? plus personne ne lit désormais, la civilisation de l'image a tout emporté, un véritable tsunami, oui. C'est ainsi. Alors je me permets d'en saluer un ou deux en chemin, je ne peux m'empêcher, je vis dans un monde obsolète ou seuls les fantômes apparaissent… sauf que les filles sont là, ma fille et ma nana, pour me jeter à la face tous ces accents de la modernité… je vous rassure, rien n'a changé depuis l'aurore, depuis l'Antiquité, tout se décline, tout se conjugue avec les mêmes souffrances, la même poésie… c'est peut-être pour ça que j'aime tant la vie. Allez champagne, c'est ma tournée !
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| | LES COPAINS D'ABORD C'est parti Mesdames et Messieurs, alchimie verbale puissance deux, un putain d'arbre au milieu et la sève qui jaillit sur les feuilles, sur nos cheveux, les racines du ciel plantées dans nos artères, dans notre imaginaire… un, deux, trois : feu ! Des cloches, des tambours, des gongs, des moulins à prières sous le soleil dans l'écume du jour; des psaumes, des cierges et des fumées d'encens sous la voûte embrasant le firmament dans la nuit du monde. L'humanité s'éveille, rires et larmes abondent, rêves et cauchemars vagabondent, espoirs et vanités défilent sur le pavé, c'est la ronde folle qui commence entre arrogance et humilité, c'est selon selon, il y en a pour tous les goûts, à toutes les sauces, c'est le bal des pitiés, un hymne à la joie aussi, à la gaieté, un hymne fraternel et léger, c'est selon selon… entre guerre et paix. Du cinoche grandeur nature à faire pâlir Hollywood et ses sbires, un théâtre latin recomposé avec tous les accents du monde, les couleurs de l'immensité. Un deux trois, j'ose : l'Iliade et le Ramayana sur les mêmes planches dans un radio-crochet, Shiva et Dionysos qui se la mettent cher, l'un est Rimbaud, l'autre est Verlaine, Robinson est là aussi, il fait son Crusoé dans l'ombre de Vendredi, toute la bande à Platon déboule telle une gay-pride dans la fumée des pétards sous les éclairs des feux-follets, une zone comme jamais. Romeo s'amène avec Orphée, Juliette, déçue, est partie rejoindre Eurydice dans les enfers, plus de place, plus de ticket, seuls les garçons ont pu entrer. Tristan a largué Iseult afin de se joindre a la rave, il se la joue Apollon aux cotés d'Ulysse, Penelope peut bien attendre. Le concert peut commencer, ils ont fait venir la Castafiore au Simon Cabaret, Aphrodite n'était pas invitée. Putain, j'ai zappé ! Ca y est, je suis parti en live, excusez, c'est le rosé ! Le toubib m'avait pourtant dit de ne pas exagérer. Font chier ces toubibs, personne ne les écoute plus aujourd'hui, leur secret est percé, ils nous prennent pour des cobayes, pour leur garde-manger ; le serment d'Hippocrate, c'est pas fun, ils l'ont brûlé, seule la Benz compte avec le cash-money, pas de temps pour la pitié. De toute façon, on va tous crever, c'est ce qu'ils se disent dans leurs cabinets. Au suivant, bordel ! Non, je délire, Céline était toubib, ça se respecte, ces conneries. On va pas taper sur les profs, hein, on a tous fait ca en chemin quand on avait que dalle à se mettre sous la dent au hasard de nos pérégrinations afin de gagner quelques ronds quand dans nos vies il faisait faim. Le verbe, quoi. On va pas taper non plus sur les musiciens, sans eux, la vie serait la pire des nuits et puis comment écrire sans ce tremplin ?! On gagne du temps à la clé, sinon, il nous faudrait des millénaires pour accoucher de toutes ces proses, tous ces récits. Tiens, si on tapait sur les yachties, exceptés Michel et les deux Philippe, le noir et le blanc, le yin et le yang, le Barong et le Garuda, le Popeye des mers et Simbad le marin, les deux allumés de l'ile, c'est pas gagné ! Et puis laisse tomber les yachties, font chier aussi, on va mettre la pression sur Antoine, c'est le seul ici-bas à fonder une dynastie, allocations familiales obligent. Li et Lou ont beau servir de vitrine, mille et un enfants illégitimes trainent dans les rues, c'est promis, demain, j'avoue tout à Michelle… Ô putain ! Vous savez quoi? Bacchus m'appelle, il est tout seul dans sa cave, il aurait un petit vin pas dégueulasse à me faire goûter, on va y aller, on sait jamais. Virgule est au courant, il a reçu un SMS afin de se régaler, ils sont capables de siffler la bouteille, ces deux, faut pas trainer… Heureusement que Bobol n'a pas de téléphone et que Teten s'est barré, sinon c'était niqué, l'histoire. Stephan est a Katu, il n'aura pas vent de l'histoire, et Joce fait du tourisme dans les émirats… j'ai peut-être ma chance. Font chier tous, des pique-assiettes, ces radins, oui. Philippe à la guitare et Kamel dans le vent, flute oblige, pour quelques accents lyriques… Et Jean-Lou qui nous la fait Prince de Manchester au milieu de la nuit, je l'aime bien ce petit con, il a une folie commune avec ma fille, la petite Nina, ils sont tous les deux complètement dingues… c'est pas gagné. Sales mioches ! Et voici Hervé qui nous la fait je ne doute de rien, balaise, le mec, tout mon respect. Et Violette aussi, déconnons-pas… sans oublier Jean-Pierre ! Je vous salue, mes frères !
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| | CA DEVRAIT LE FAIRE Sur un air de mousson, qu'elle se la fait, l'histoire, c'est pas commun que je sache, hein?! Ca ne rajoute pourtant rien au smilblick, qu'on se le dise, rien à tirer du contexte, des circonstances, que dalle. Juste une virgule qui passe dans l'air, un soupçon, un zeste afin de mordre dans la nuance et recomposer la sphère dans toute son atmosphère. Des petits bouts de rien apparaissent au beau milieu de l'infini, quelques lucioles dans la galaxie. Et moi, petit homme errant dans l'immensité, comme pour ainsi dire tous, en quête de grâce et d'éphémère sur le domaine des grillons et autres cigales, je zone et hurle tel un loup sous la voûte à m'en déchirer les neurones jusqu'au bout de la vie. Epris de contes et de chimères, je m'aventure sur ces terres emplies de légendes et bascule dans le monde d'Homère, mon véritable père, c'est l'heure des mystères. Shiva est là, aussi, et des accents ramayanesques défilent sur mon odyssée, un bouddha géant surgit dans la haute forêt, nous entrons sur les terres des thévadas. Les génies sont là, des elfes, des fantômes en veux-tu en voilà, c'est le bal des esprits. Putain, c'est pas gagné. Je m'attends au pire, à tout moment, c'est pour ca que je vis dans l'instantané, seul le présent m'occupe, seule la paix, je ne veux rien gâcher. Ma philosophie a peut-être quelque peu changée, il est vrai, depuis ce putain de tsunami. Tout ne tient qu'à un fil, et encore, c'est beaucoup dire, c'est déjà espérer. Quelques âmes s'animent afin de nous bourrer le mou, prétendant que le hasard n'existerait, un air sérieux au milieu du visage, une idée à deux balles, un accent pathétique sur un édredon de bêtise. Font chier ces nouveaux missionnaires, d'où qu'ils viennent, écolos, religieux ou bien humanitaires, prosélytes en tout genre, imbéciles en freelance. Seuls quelques-uns d'entre eux sont nourris par la flamme, beaucoup d'autres nous déversent leur trop plein d'âme, quitte à nous refiler aussi leurs axiomes simplistes, leurs théorèmes, aigreurs, enthousiasmes redondants et complexes mélangés, leurs tabous, leurs névroses, quoi, la nuance n'est plus de mise. Vous me direz, on s'en fout, peut-être pas malgré tout, on vit ici tous ensemble, on est tous locataire, quoiqu'on en pense, c'est pas une raison pour nous prendre pour des demeurés et commencer à nous l'expliquer, l'histoire, la rhétorique ne suffit pas, ni les bons sentiments. Putain ! Des étoiles filantes comme s'il en pleuvait sous la voûte, des gerbes de lumière, des bouquets, c'est la fête dans la baie, Chalong s'illumine comme jamais, Rawai dévoile son rivage par la lune éclairé, et des lambeaux de mousson participent au spectacle, au show, un rêve, un mirage, là, sous les cocotiers, un accent particulier, un accent de liberté qui me semble échapper à la folie du monde… et même si cela ne devait durer que quelques secondes, ça devrait le faire. Bonne soirée.
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| | C'EST L'HEURE DES VOLUPTES Bon, ça devrait le faire ou non?! Je sais pas trop à vrai dire, on marche sur un fil, on est tous des funambules malgré les certitudes, pour ceux qui en auraient, on file dans le mur à vitesse grand V. Pas de quoi en faire un fromage, il en est ainsi de tout temps, vraisemblablement, on se gausse du progrès a tue-tête, on s'en gave du petit déj au souper, on s'en repaît. Le progrès, dites-vous ?! C'est l'art de se faire la guerre sans se salir les mains, l'extermination propre, pas de tache de sang sur les jolis habits des dieux, ceux qui pensent le bien pour l'humanité dans un déluge de feu. Le progrès, quoi. On évalue ça à notre lunette de chiotte, a notre bidet. Un pote m'écrit, on lui prend la tête afin qu'il se trouve un but à la vie, le sens des responsabilités, la femme et les petits, voiture, maison, économies. Il se contente de vivre sans crime, assassinat, mais ça ne passe pas, ça ne suffit pas, sans but pas de ticket, pas de cinéma. Ca tombe bien, des reconnaissances, il n'en veut aucune, il s'en arrange ainsi jusqu'au trépas. C'était sans compter sur les autres, il lui faut coller au projet, au divin apôtre. Sans but, pas de trêve, pas de repos, ça va pas le faire, on lui a pourtant dit devoir et patenôtre, le sens des prières. Il ne veut rien savoir et n'en fait qu'à sa tête, ou selon son cœur, dit-il d'un air moqueur, c'est pas gagné, p'tit Joce, amicalement votre. Les copains qui débarquent sur un air de jazz, Bacchus est avec eux, quelques bouteilles de bon vin, rouge comme le sang du Christ, les enfants d'Homère qui se la font Iliade dans leur odyssée, les sales gosses au milieu de l'azur sur « nuages » de Django, un refrain de Miles, so what, et des accents d'insouciance dans un monde de pitié. Ici, pas de prophète, pas de casse-tête, on vit sur les notes de la civilisation grecque, on se la joue tous les modes, on extrapole sur toute gamme, on improvise sur un air de mousson, on ose toutes les clés. Rimbaud est là, à nos cotés, mauvais sang et puis le bateau ivre, il nous repasse le calumet et nous invite à fumer, des tabacs forts comme il disait, c'est l'heure des voluptés.
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| | ILLUMINATION C'est le dernier jour de l'année, ou le premier de l'autre, c'est vous qui choisissez… quand sera-t-il de la prochaine, hein ?! Les prévisions sont pas géantes, les chroniqueurs se déchaînent, voilà qu'on nous annonce le pire. Depuis déjà un bon moment, on nous parle d'apocalypse, rien d'original en vrai, pas besoin de lire dans les entrailles d'une chèvre ou d'un putois pour en connaître la matière, pas besoin non plus de plonger son regard dans les étoiles pour en apprendre davantage. Non, il suffit de se relire « Voyage au bout de la nuit » de l'ami Céline pour en deviner la substance. Je vous rassure, c'est loin d'être un scoop, ça commence à dater, le bouquin est paru en 1932, sauf que rien n'a changé depuis, c'est toujours d'actualité et ça m'étonnerait que ça change un jour. Le genre humain y est décrit comme jamais dans toute sa splendeur, sa vérité. Tout est dit sur notre réalité existentielle, aucunement besoin d'en rajouter, Céline a mieux fait que tous sur ce thème, ce sujet, aucune mystification à la clé, la messe est dite dans son entier. Ô putain ! Que cela ne chagrine personne toutefois, il en est ainsi, rien de grave en soi, c'est toute la vie, seul l'angle de vue change, c'est con mais ça vaut le coup d'œil. Rien ne nous empêche de relire Rimbaud aussi, ses visions extatiques nous font toucher au miracle et ses délires métaphoriques nous ôtent toute limite. En somme, un océan de lucidité dans les fièvres d'un regard bien trempé et les transes de tes neurones dans cette folle zone sous une voûte incendiée. Des émotions qui passent en wagons dans l'atmosphère à la vitesse de la lumière, à fond les ballons. Des volcans qui dansent tout autour et la peste qui rode, la pourriture de l'âme aux alentours, un rêve qui se dessine, une espérance qui naît sous son plus bel atour. Un ballet sous hypnose et la race des tiens sur le tremplin, cinq cent générations de bâtards qui s'envolent sur le machin, une civilisation entière dans la sphère, une putain de galère… passe en guise de caravane et une meute de clébards se déchaînent sur le rivage afin de coller au décor. Et pourtant, des mystères comme s'il en pleuvait, des grâces en veux-tu en voilà, des grappes de sourires jusqu'au plus haut de ta hotte, des contes, des voluptés à t'en mettre plein les poches, a t'en remplir les bottes. Petit Poucet aux pompes de sept lieux, assoiffé de lumière jusqu'au bout de la nuit, j'ose semer mes cailloux dans la poussière, dans le vent, j'en balance à tout va, comment s'étonner, après, si je perds mon chemin, la générosité m'étouffe, je prends mes cailloux pour des pépites afin que tous en profite, je me prends pour Jésus après la marée, à la criée, miracle et poissons obligent, c'est Noël encore. Vous savez quoi? Je vous abandonne sans pitié et sans aucune autre pensée, je vais chercher ma fille qui sort de l'école, je vais chercher ma princesse jusqu'au bout de l'aurore, cette fille m'étonne, du haut de ces sept ans, elle transcende mon être, mon identité, elle me fait toucher à l'inaccessible, à l'ultime volupté, elle m'empêche de devenir carrément dingue ou idiot… cinglé, quoi. Ce qui me laisse penser qu'on a toujours besoin de plus petit que soi, c'est ainsi et c'est tant mieux, depuis quand l'arrogance est-elle de mise, hein?!... Des conneries, oui, nous ne sommes que peu de chose, en vérité, mais assez pour ne point nous faire mystifier par le premier dingue venu, par le fou missionnaire épris de frissons à ce point mystiques. Aussi con que l'on soit, nous valons notre pesant d'or, non ?! A peu prés que dalle pour ainsi dire… |
| | SPLEEN Je me balade dans la nuit de l'île, je baye aux corneilles sous la voûte et m'enivre de ces essences, de ces atmosphères, je passe tel un fantôme dans ce mystère, j'erre… Je viens humer le parfum des moussons sur ce rivage, je baguenaude sous la danse des nuages, mes pas dans l'écume folâtre qui se la joue mousse de Champagne sur le sable. Une mélancolie m'étrangle, je fais corps avec ces paysages, cette terre m'interpelle, cette langue me parle, ces voix, ces rires résonnent dans mes neurones jusqu'au fond de mon ventre… Des rêves passent sous des lambeaux de firmament, des tranches de vie grosses comme des quartiers d'orange resurgissent jusqu'au tréfonds de l'âme, jusqu'au bout de ma souffrance, allez savoir pourquoi des moments de joie indéfinissable se métamorphosent quelquefois, avec le temps, en souffrance alors qu'aucun bémol n'est dans la sphère pour en diminuer la substance ?! C'est étrange… La nostalgie n'est pourtant pas présente, je la hais, cette chienne, qu'on se le dise, juste la mélancolie m'accompagne… J'entends un cri dans l'immensité, un putain de blues qui déchire la nuit comme jamais, allez savoir pourquoi je ne retiens que ça dans l'histoire, un vrai mystère ?! Mon alchimie est telle qu'il me faut composer avec elle, les plus grandes fièvres m'habitent, les plus féroces, mon existence n'est qu'un délire paludéen, une parenthèse asthmatique, une balade en surf sur un tsunami, c'est ainsi. Vous savez quoi ? je vais me débarrasser de la Grèce Antique, au panier (bien fait !), font chier ces Grecs ! A moins que ce ne soit déjà fait, d'où ma présence ici, peut-être, qui sait ? C'est mon ami Virgule qui me l'a soufflé, le thème, mais un vieux coté révérencieux me tenait à l'Olympe, déjà que je n'ai pas grand-chose, il m'a fait toucher à la misère, je n'osais l'anathème, un putain de réflexe judéo-chrétien, même si c'est né après, peu importe. A vrai dire, je n'ai point de révérence à faire, c'est juste un alibi pour dire plus encore, comment se taire ? Il faut faire feu de tout bois pour nourrir sa sphère, quitte à user de rhétorique pour embrouiller l'affaire, n'est pas caution qui veut. C'est pourquoi j'en rajoute, moi, enfant ailé de cette civilisation, moi, enfant de rien au milieu de nulle part, moi, la bohême dans cette folle jungle, j'en rajoute afin de ne paraître rien sur cette terre désespérée. Ce qui ne m'empêche point de saluer qui je veux en chemin, une virgule dans cette putain de vie, c'est déjà pas si mal, non?! Une grimace complice dans le petit matin afin d'y noyer son chagrin, hein ?! Un bouquet de palmes dans une flaque de soleil sous des lambeaux d'azur plutôt qu'un putain de mur, pour sur ! La vie, quoi. Tout ça pour dire que civilisation grecque ou non, les Romains sont pas mal non plus, c'est eux qui héritèrent du cadeau, va t'en faire après celui qu'on dit être Alexandre le Grand… du Shakespeare, oui, du Corneille, du Racine. Si seulement Rimbaud m'était conté… Bon, j'arrête de délirer, la vie n'est qu'une larme. Vive le Siam ! Bonne année !
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| | C'EST NOEL ! C'est le temps des pardons, des crèches et des santons, chacun s'anime dans son foyer afin de recomposer l'histoire comme si on y était. Le temps du petit Jésus, mon beau sapin, de la nativité… encore une bonne occasion pour s'en mettre jusqu'à plus soif, pour s'en remplir la lampe comme jamais. C'est le temps d'allumer la cheminée ou bien la télé, c'est selon selon, ils nous ont mis Sébastien, ils ont viré le curé… putain, c'est pas gagné. Ils vont nous ressortir tous leurs animateurs, les meilleurs, les mêmes qu'on voit depuis tout bébé, ils étaient nés avant la télé, c'est le bal des fantômes. A moins qu'ils nous les aient clonés, qui sait ? Ils avaient la trouille de nous annoncer leur trépas, ils pensaient qu'on ne survivrait guère à une telle calamité, des fois que le suicide nous tenterait, ils nous ont ressorti Drucker et Sabatier. Ce que j'en dis, moi, en vérité, pas grand chose, c'est juste pour rigoler, du moment qu'on se tape la dinde, ça devrait le faire. Pas celle de la télé, bien sur, je ne pensais point à Miss France, je n'ai pas cette élégance. C'est le temps des joyeuses agapes, c'est Noël. Enfin, peut-être pas pour tout le monde, vu ce qu'ils nous balancent aux infos, famines, révolutions ou tsunamis, c'est le temps des déluges, des grandes dépressions, des conflits. Il parait que la peste bubonique réapparaît, c'est confirmé, sans déconner, j'ai lu ça dans le “Paris-Phuket”, notre Télé 7 jours à nous. Ce que j'en pense, moi, en vérité, pas grand-chose, c'est juste pour dire, pour rigoler, du moment qu'on se tape la dinde, j'en demande pas davantage, la dinde, c'est sacré. En Australie, c'est l'autruche qu'il se tape, eux, à Noël, le syndrome Obélix, leur sanglier à eux, de gros mangeurs, là-bas, à chacun ses délices, ses voluptés, à chacun son Noël. Hier, avec les filles, nous avons fait le sapin, Noël oblige, il ne manquait plus que la neige, nous nous en sommes très bien passés d'ailleurs, les tropiques, c'est pas mal aussi. Ma fille veut un château en Espagne, le jour J, et une rivière de diamants au pied du sapin, il fait chier ce Père Noël, ça se voit qu'il a pas de mioche, lui, le con, sinon il ferait pas ainsi le malin. Elle a pété les plombs, oui, la petite fleur de lotus (ma fille), elle se prend pour l'aurore quand elle se réveille, elle lit ça dans les yeux de son père... c'est pas gagné. On se prépare pour Noël avec ma fille... Ma femme est allée rejoindre les siens à Korat, elle en mourait d'envie, c'est moi qui l'ais envoyée dix jours là-bas afin qu'elle se fasse le nouvel an avec eux. Moi, la famille, ça tourne court, ma fille, ma nana quand elle est la,, un ou deux potes et aussi loin que je cherche, c'est à peu près tout, je vois pas davantage... On va donc se faire Noël tous les deux avec Melle Nina, je vais me payer une bonne bouteille (c'est tous les jours Noël!), rouge comme le sang du Christ puisque je crois savoir que c'est son anniversaire, et un IPAD pour Nina, elle voulait un château en Espagne comme je vous l'expliquais alors, mais je vais m'en tenir à l'IPAD, c'est pas mal non plus, hein?! Nina veut aller en France en vacances, j'ose pas lui dire mais l'argent que je gagne, je le dépense, on ne sait jamais de quoi demain sera fait, va t'en lui expliquer, c'est pas gagné... un IPAD, c'est déjà pas si mal, non?! ça coûte un bras, ce machin, 20 000 bahts pour être précis, alors le ticket pour la France, il va falloir attendre... On pensait être 40 pour Noël, comme dans l'histoire d'Ali Baba, finalement on sera que deux, c'est déjà pas si mal. On va se taper la dinde, ou bien l'autruche si jamais, et on va aller braquer les cadeaux du Père Noël, on va lui faire sa fête, on va le dépouiller comme jamais, on va le mettre à l'amende, on va même lui braquer sa charrette pour filer dans la nuit des îles à fond les ballons, saloperie de Père Noël, une sacrée ordure, oui ! Dites, vous avez vu, ils vont bâtir une cité sur la lune, ils vont y déporter tous les dingues, les allumés, je sais pas vous mais, moi, ils m'ont déjà filé un ticket, je l'aurais gagné dans un concours télé, je serais le premier, il parait, pour une fois que j'ai du bol. C'est Noël ! Je vous la souhaite joyeuse, la veillée… c'est pas gagné
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| | ATMOSPHERE Je me tape un verre à la santé du monde, du vin rouge comme le sang du Christ, un bon vin de messe, je ne vous dirais point lequel, ça vous rendrait jaloux. C'est pas pour faire le malin, mais c'est du bon, un de ces vieux vignobles plantés par nos amis Romains, y a deux mille ans sur ces terres qu'on nomme le panthéon de Bacchus, vous voyez?! Par contre, ça coûte un bras, faut vraiment être léger pour se lâcher, deux semaines de diète après, un petit ramadan en somme, un festival végétarien. Ne gâchons-pas l'atmosphère, et goûtons-ça avec respect, le coté religieux de l'histoire, des gens ont tout donné, leur amour en chemin, de fameux alchimistes, oui, des épicuriens, des hédonistes. Moissons et vendanges sur des terres de légendes, et Homère qui resurgit pour nous conter l'histoire, c'est parti. Putain, il est bouchonné, et moi qui m'étais saigné jusqu'à plus soif afin de toucher au miracle, c'est à pleurer. Ouvrons une deuxième, la bouteille, c'est sacré, faut pas déconner, hein ?! Putain, je le crois pas, je vais buter le marchand, je vais lui faire rendre gorge jusqu'à la lie… Et puis, non, je vais lui ramener le tout bien gentiment, philosophie oblige, et… je vais lui faire bouffer les deux bouteilles entières, je vais le faire courir jusqu'en Bourgogne afin qu'il me ramène les deux mêmes. Je déconne, depuis dix ans que je ne suis revenu dans l'hexagone, je bois les meilleurs vins de France, et tous ne sont pas bouchonnés, c'était juste une entrée en matière. Phuket a ce coté extravagant qu'on trouve tout en son royaume, cette île est une idylle, qu'on se le dise. La raison n'a plus de mise, on touche au panthéon. Je vous défie de me dire ce qu'on ne pourrait trouver sur l'île si ce ne sont les neiges éternelles, hein?! Cela dit, qui s'attendrait à les trouver sous les tropiques ? Faut pas rêver ! Cette terre est légendaire, elle recèle encore mille et un mystères, des flaques de soleil l'inondent de toute part, elle ruisselle. Les flots de son rivage la bercent depuis des millénaires, elle baigne dans cette Mer qu'on appelle Andaman, plantée ainsi au beau milieu de l'océan, détachée du continent depuis à peine deux mille ans. Mais, aujourd'hui, reine des îles car la plus grande dans ce royaume, la plus belle de ces contrées, celle qu'on dit posée comme une perle dans le plus bel écrin. Une dimension existentielle l'anime depuis toujours. Là, sont venus se sédentariser ces fameux gitans, anciens nomades de la mer des archipels birmans jusqu'à ceux d'Indonésie, les Mokens, ils ont élu ces rivages et les ont rendus désormais mythiques, ils les ont choisis. Dans ces temps-la, ils n'avaient que l'embarras du choix, on peut leur faire confiance, la civilisation des loisirs n'était pas née. C'était le temps de l'empire romain, ici naissait la première civilisation bouddhiste theravada, fraichement arrivée de l'ile de Sri Lanka et principalement installée sur l'ile de Sumatra ainsi que dans l'Isthme de Kra, dans cette ville de Nakon Srithamarat, non loin de Phuket. Les Mokens, eux, étaient déjà là. Comme nous, ils choisirent cette terre, comme nous, ils y restèrent, peut-être y mourrons-nous ensemble ? Qui sait ? Il parait que pour renaître ici, sur cette île de légende, il faut y mourir aussi, je veux bien tenter ma chance. Finalement, c'a du bon la métempsychose, la réincarnation, on se la joue transmigration de l'âme, on se la fait tout feu, tout flamme. Même Kafka en pèterait d'apothéose, il kifferait comme jamais, entrez dans la danse aux métamorphoses… on peut rêver. Et pourtant, la religion des mystères, rappelez-vous, ces trois mythes conjugués, Dionysos, Orphée et Déméter, dans l'Antiquité Grecque, ils y croyaient aussi, ils cultivaient cette atmosphère. Allez, je m'en refais un petit, pour la route, je vais méditer sur ma prochaine vie, celle-là n'aura pas suffit, un vrai bordel, oui. En attendant, je me retape un verre… Thierry
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| | Salut vous, Appelez-moi Stakhanov, j'ai beaucoup bosser, certes, au moins deux ou trois jours semaine presque, une pause sur le chemin des misères, six jours en novembre pour être précis et quelques pièces dans l'escarcelle afin de tout payer ou presque... quelques bonnes bouteilles partagées avec les muses et le chant des cigales pour me distraire, font chier ces fourmis. LE SAUT Une putain d'histoire, oui! Un saut à l'envers dans cette vie-là et peut-être même dans la prochaine, inouï, non?! Vous suivez, j'espère? Sinon, ça va pas le faire. Une histoire de cabriole, donc, une histoire dingue, voire carrément folle, le saut de l'ange dans les affres de la démence, une inédite page sur ce chemin qui ne mène à rien, un interlude sur des lambeaux d'azur afin de toucher au miracle, on se passera de l'oracle. Je disais quoi, déjà? Ah oui, une putain d'ivresse sur un fil inespéré, le trip du funambule, quoi, la zone sur un trop plein d'azur, les deux pieds dans le plat et ta langue qui fourche, c'est jamais gagné. On peut cependant douter, la folle étincelle, on peut même se renverser, qui sait ? on peut grave se la jouer, on peut tout faire et aussi le contraire, c'est selon selon, mais pas toujours, ca dépend du hasard, ça dépend du bon vent. Des grappes, de l'eau bénite, et un suppositoire en guise de tremplin pour l'écho de ta panse, pour le fun des intestins; aujourd'hui, on se lâche, c'est Byzance. Des crêtes mélancoliques qui fusent sous la voûte à la vitesse des étoiles filantes et tes neurones qui captent la lumière dans un déluge digne de l'apocalypse, c'est la fête aux neuneus ! Le feu de tes entrailles et la folie de ta cervelle, une juste balance, la sphère dans toutes ses nuances. Des feux tout flamme sur le rivage et Rawai qui s'embrase comme une cigarette, comme un bâton d'encens sur le royaume des fantômes, j'en perds tous mes esprits. Une armée d'ombres défile dans la nuit de l'ile à l'assaut du moindre vertige dès que les néons s'allument, tout un monde se presse et grouille, c'est le ballet nocturne des insomniaques, une ronde noctambule. Un ballet nuptial d'éphémères et le feu des lucioles sous le firmament, un bouquet de sourires et ce putain de cri dans l'immensité, le bonheur dans ses nuances, dans toute sa tragédie. Souvent du fiel, ce cancer, beaucoup de folie, du cinéma en veux-tu en voila, au petit bonheur la chance, quoi, si ce n'était cette démence… Le monde des paradoxes sur une planète perchée dans la dernière des galaxies, une extrapolation dans l'univers des vivants… la vie, la mort, c'est pareil, ca tue pareil. Les anges aussi, les bons et les moins bons (les moyens, quoi), un défilé sur le chemin de l'existence, et quelques dièses dans les trappes de l'espérance. Quelques bémols aussi… et tes neurones seules capables d'appréhender toute chose afin de survivre à la zone, avec un peu de chance pour ne pas sombrer. Gardons ces facultés mentales et de cœur aussi issues d'un fond de bon sens et de savoir-vivre malgré toutes nos épreuves afin de rester sympas, si jamais, il est hors de question de se faire dominer par l'aigreur ; sans pour autant se sentir obligé de sourire béatement et de relancer l'enthousiasme à tout moment, chacun fera ce qu'il pourra, à chaque jour suffit sa peine. Ceci dit, carpe diem d'abord, sinon on est mort, on ne peut rien réussir sans cet adage-là, une formule arithmétique en somme, l'éphémère en rêve et en identité. Ne me soupçonnez-pas d'avoir à ce point trop de légèreté, il n'en est rien, des tonnes s'amassent à mes cotés que je traîne comme un boulet, une tannée en vrai, de casseroles, un véritable ballet, oui, un océan de pitié, c'est loin d'être gagné, personne n'est parfait. Je me masturbe les neurones dans les transes de ma cervelle à m'en faire péter les méninges, ça le fait son et lumière, de tous les coins ça fuse, ça bondit et rebondit, c'est la foire aux mélancolies. J'ai beau faire et refaire, ça le fait pas du tout, j'ai du zapper un ou deux bouts, à trop vouloir croquer dans l'atmosphère, j'ai marché sur les tabous comme sur des braises on le ferait, sur des cailloux. J'ai filé, là-bas, du coup, sur la terre des volcans et des tsunamis, quelque part en Asie, tout au fond de ma vie, au royaume des bambous… et dire que certains me croient fou.
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| | C'EST TOUS LES JOURS DIMANCHE ! Tiens, une onde de volupté qui passe sous la ronde des astres, un rêve tout en couleur, là, à portée. Pas de quoi s'époumoner, en vérité, quelques dièses avant que les grandes orgues ne sonnent sur un air d'apocalypse. Ca y est, j'ai encore plombé l'atmosphère… fallait pas me faire confiance, fallait me couper les doigts comme ils ont fait à Victor Jara, fallait appeler au pugilat. Je vous l'ai pourtant dit, les armes, les mots, c'est pareil, ça tue pareil, des missiles que tu prends dans le bide, les orgues de Staline… C'est juste pour dire… Tiens, ma fille qui me fait une crise, existentielle je veux dire, il lui pousse des ailes, des accents de mélancolie, un spleen digne de son père, c'est pas gagné. Je peux comprendre, ceci dit, à son âge, j'en étais déjà ô combien imbibé, la charge me faisait quelquefois plier, fils d'Homère, je voyageais dans mon odyssée… C'est juste pour dire… Tiens, les infos qui commencent, des suicides, des guerres, des catastrophes, des tsunamis, c'est parti. Un cocktail Molotov sur ton petit déjeuner, crimes et châtiments sur ton rêve de paix. Un bordel, oui, la course dans les enfers, la vie dans toute sa simplicité, sa vérité, un monde de clébards, tous enragés, et un nonos en guise de pompon dans les transes des hymnes, des défilés. C'est juste pour dire… Tiens, un nouveau projet qui naît, je tente de m'associer, manière de participer puisque je suis sollicité, la meute qui débarque, tous les dingues du lieu, l'arène mise à feu, pas de quartier. Un hôpital psychiatrique, oui, des poubelles comme s'il en pleuvait, des redondances a deux balles, des arrogances avec, en magasin, que dalle; et ca voudrait t'expliquer la vie, le monde des rêves et la philosophie. On croit rêver, c'est le bal des furies sur un air d'été, font chier tous ces ânes, ces imbéciles dans leur costume de papier. Un parachute, une bouée pour vite s'échapper. C'est juste pour dire… Tiens, le fantôme de Boulbet qui vient me visiter, on se relit Montaigne, La Boétie, on se fredonne quelques airs, Brassens oblige, celui qui troussa la chanson française, disait-il, la danse des superlatifs, et la mémoire qui jamais ne flanche, les copains d'abord. Une balade sur les sentes des sylves, son rêve illuminé, et un sourire largement déployé devant son astre, le keriodoxa (elegans, s'il vous plait), un incomparable palmier, une grâce dans les profondeurs de la haute forêt. Retour à la ville et un repas autour d'une bonne attablée digne de Rabelais, des débats, des rires et des coups de poing sur la table en toute franchise, en toute amitié, ici pas de chichi, de cinéma ni de mines pincées, c'est le temps des agapes, une joyeuse équipée. C'est juste pour dire… Tiens, mon ami Virgule danse dans la nuit des îles, il m'envoit des proses à fracasser les anges et ose les suivre dans leur sillage tout au bout de la nuit jusqu'au parfum de l'aube, il se la joue lutin dans le petit matin et transcende nos rires, nos larmes sur un air de mousson. Chez lui, le verbe bondit et resurgit au milieu du cratère tel un volcan qui délire dans l'atmosphère, le souffle des éléments dans le palais des vents, il taquine la rime et nous jette la foudre de son imaginaire, il balance son foutre au milieu des géants, c'est le choc des titans. C'est juste pour dire… Tiens, Stephan qui nous met le feu a l'azur, il trampoline sur les décibels, ces filles le prennent déjà pour l'enfant caché de Marcus Miller, sa femme le prend pour le petit frère d'Arthus Bertrand, y a que la vieille qui reste lucide, elle le sait cinglé depuis le début, pas cons ces vieux, hein ?! Je déconne, c'est de la balle... bravo ! C'est juste pour dire… Tiens, c'est reparti sur la route des temples, faut bien bosser, un parterre digne de la Grèce Antique comme invités et le salon de Platon qui file sous la voûte à l'assaut des nuages et des vertiges qui passent. On grimpera sur la montagne aux oiseaux-mouches, un opéra grandiose défilera devant nos yeux sous le regard de Kuan Him et du Bouddha Doré. Ici se dresse le plus beau des chédis, très haut perché sur le domaine des génies. C'est juste pour dire… |
| | LA DENGUE ! Tout est niqué, je vous le dis ! C'est ainsi. Aucun espoir, quoi qu'on en dise… L'espoir, la belle histoire, des contines pour les tout petits, oui, des formules quand on ne sait plus quoi dire afin de relancer l'enthousiasme. D'un autre coté, on le savait déjà et ça n'aura pas servi à grand-chose que cette connaissance-là. Donc… on reste comme des cons… malgré les circonstances, si ce n'est quelques mystères rencontrés en chemin qui constituent ce qu'on appelle le monde des exceptions, vous voyez ?! Parce que moi, parfois, j'ai du mal, vraiment. Je fais pas exprès pourtant, sans rire… J'ai du chopper une folle dengue, j'ai beau chercher, je ne vois d'autre explication. Sauf que ça commence à durer, l'histoire, j'ai dépassé depuis longtemps crête ou abysse tout genre confondu, je défie la sphère des statistiques, une putain d'énigme pour l'univers des spécialistes si tenté que cela ait un jour existé, les spécialistes ?!
Les fièvres sont là, certes, depuis si longtemps que je ne sais plus vivre sans, une fidélité sans tache nous lie, des extases nous accompagnent, on se la joue tango dans nos errances paludéennes, on se la joue cerise sur le gâteau.
Boulbet me disait que la vie était toujours plus forte. La vie, cette chienne-là, je la respire jusqu'au bout de mes neurones… et plus encore. C'est toute ma quête, c'est ma conquête ! J'irai marcher sur les braises si elle me le demandait, la vie, j'irai cracher sur les tombes. Je serai même capable de plier sans elle, comment faire?! Je suis amoureux de la vie, c'est tout mon drame, ma litanie, je ne peux vivre sans elle… jusqu'à l'infini, jusqu'à mon lit de mort. Des élans lyriques m'inondent, me bouleversent, je tourneboule dans cette atmosphère. Des poussées mystiques, des raz de marée mélancoliques affluent de tout coté, me percutent, je chavire, je me noie mais trouve, je ne sais comment, quelque oxygène, trois petites bulles posées à la surface que je tête comme un damné. C'est la saison des tsunamis. Santé ! |
| | LE PARADIS SI JE VEUX. Je reviens du cinéma avec ma belle, du coup, j'en finis ma prose un peu dingue, un peu folle. Elle me ressemble (ma prose, non pas ma belle) et grâce a elle, je m'évapore, elle me tient par les couilles, elle me libère ou m'aliène, peut-être, peu importe, je vis avec elle. Tiens, pour se détendre, deux minutes de silence sur une petite prose légère afin de reconsidérer l'histoire et parfumer l'atmosphère. Une grappe de mots sur une feuille blanche tel un dépucelage, deux ou trois taches d'encre comme un volcan de foutre entre la robe et l'échelle pour grimper au rideau et libérer ton âme de tous ses oripeaux. Font chier tous ces ânes, ces imbéciles dans leurs habits de cardinaux. La guerre et quelques instants de paix, l'essentiel d'une vie, cette folle alchimie, du Tolstoï en vérité, oui, un théâtre d'ombres et quelques jets de lumière sur le chemin des gémonies dans l'écho des plaintes des suppliciés. Le quotidien, quoi, et la race des tiens pour témoigner de ce pugilat sur des millénaires dans les affres de la civilisation. Un christ ensanglanté sur le coin de la gueule dès que tu nais et ses plaies pour te réjouir dans les transes de la culpabilité sur ton chemin de croix. Le paradis si je veux. Et des millions de casseroles accrochées à ta queue dans le silence des dieux afin de prévenir la meute de ton entrée dans l'arène. Crimes et châtiments sur ton rêve de paix et ce putain de mur pour te lamenter. Peines et tourments comme seul chapelet et cette vaine espérance en guise d'eau bénite dans ton gobelet. Un poisson pourri dans ta gamelle au déjeuner et une couleuvre à t'avaler au moment du diner. La misère en auréole et en identité, une promesse de félicité, mystification oblige, et un élan, peut-être, sur le pont des suicidés. Le paradis si je veux. Quelques fantômes m'accompagnent, chemin faisant, témoins vivants de ces scènes qui roulent sur mes paupières à m'en faire péter l'œil, de ces paysages dingues qui peuplent ma cervelle, hantent ma mémoire et incendient mes neurones jusqu'aux tréfonds de l'âme, jusque dans mon ventre. O Seigneur ! Entre religions du livre et bouddhisme theravada, sans dieu ni maitre, je bondis, moi, l'enfant d'Homère, pourtant épris de lyrisme et d'élans mystiques mais fils de Descartes et des Lumières aussi, je bondis hors de la sphère à m'en faire péter la rondelle jusqu'a la lie, je jouis. Ma bible : Céline, le voyage, et les poètes maudits. Moi qui n'ai pas souvent dit maman, je pleure ma mère comme un enfant, je fais feu de tout bois et me prosterne devant l'astre lunaire, fasciné, j'en perds tous mes esprits. Pleine ou croissant, j'en savoure tous les instants, je m'y répands. A la grâce de dieu ou bien du vent, plume et langue bien perchées, le verbe émancipé, je passe, les godasses trouées, entre désert et océan. Cigale ou grillon, je crève la dalle bien souvent, au hasard des saisons. Je parle aux arbres et aux oiseaux, je bavarde même avec les chiens, je me suffis de que dalle, d'un moindre rien. Né rat, version Chine, horoscope oblige, et clébard aussi à force de trainer dans la rue, je m'invente une famille, la mienne, celle des romanos, des moins que rien, les fous du roi, les saltimbanques et vis sur le rivage des gitans, ceux de la mer, ces fameux Mokens dans la Mer Andaman. Ici, pas de cinoche, les protocoles, y en a aucun, on n'en fait qu'a sa tète, ou selon son cœur comme ils le disent dans leur langue, à chacun ses images, ses métaphores, à chacun sa zone, son histoire, sa poésie. Enthousiaste barré, à la limite du péché, je pleure de multiples vies dans le sourire, je me lache, o combien, sans retenue et sans frein, j'ose me branler dans le vent et me foutre de tout, sans peine à jouir. Je me la joue dièses dans leurs bémols, je me la joue opéra, ivre et basané, je me la fais théâtre d'ombres dans mon royaume. Une saison en enfer, et même le paradis si je veux.
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| | L'heure du muezzin a sonné, il emplit la nuit de ses psaumes veloutés à la gloire de son dieu sous les feux follets, c'est la nuit musulmane dans les yeux de Morphée avant le réveil du bouddha perché sur le Mont Indra. Entre bonzes et darwas, Rawai s'éveille sur des accents de Chine, mille et un drapeaux flottent aux couleurs du tao dans les transes du Festival Végétarien ou une foule drapée de blanc se presse au passage de ce joyeux cortège dans l'écho des pétards annonçant la dernière farandole pour la clôture de l'événement après neuf jours de diète, c'est le temps des marchands de brochettes. Esprits, dieux et génies se mêlent à la multitude afin d'en découdre dans un sursaut ultime; ce soir, ils rentreront tous dans leurs temples et se rendormiront d'un sommeil opiacé trainant leurs chapelets de prières sous les fumées d'encens jusqu'au bout de l'année. Me berçant de ma prose dans les lueurs de l'aube, je réalise tout à coup que ta venue est proche. J'ai perdu pied avec l'horloge du temps et ne sait jamais si l'on est décembre ou juillet, je vis comme un fantôme entre deux mondes et porte la lucidité de ces fous illuminés qui errent sous la voûte en quête d'éphémère, d'éternité. Je dialogue avec les anges sur le chemin des crucifiés avant de faire mon entrée sur la piste de danse, c'est le bal des damnés, ici on peut enfin s'oublier, respirer, et profiter un instant de quelque légèreté, ciel! au diable toute lourdeur, laissez-moi m'enivrer au milieu de ces tombes, j'écoute les murmures de l'humanité. Dans tous les coins, ça chuchote, ici, pas de tabou, on danse même dans les égouts. On communie avec les rats, on s'aventure aussi sur le domaine des loups. On marche sur des braises, le sourire aux lèvres, les yeux désorbités par l'attrait de l'abîme. Enfants de nulle part au milieu de rien, innocence et corruption viennent se mêler sur un air d'opéra ivre et basanée aux couleurs de la vie, voici l'aurore venue nous saluer, une virgule, un point d'exclamation, une grimace complice dans le petit matin. |
| | ENFANT DE NULLE PART AU MILIEU DE RIEN.
Issu de la cité au hasard des rues, les poches vides et l'âme vagabonde, je zone sous la voûte en quête de grâce, de volupté, les neurones aux aguets et le verbe en guise de moteur et de bouée. Dans ma besace, mon balluchon, un bouquet d'éphémères et un calice empli de contes, de chimères, mon garde-manger, mon panier. Entre ciel et misère, grappes d'azur et morsures, je chemine ainsi sur un parterre de palmes et d'épines jusqu'au bout de la nuit. Des scènes dignes de la genèse ou de l'apocalypse imbibent mes pupilles à s'en faire péter l'iris, les yeux bouffés par tant de lumière, tant d'incendies. Entre élans mystiques et raison pure, je parcours ces terres à l'affût du moindre lièvre ou tortue, je cigalise pendant que les crapauds-buffles s'égosillent sur un air de mousson. Désespoir lucide ou bien compassion, mes étapes s'enchaînent au rythme des saisons dans ces contrées ou surgissent volcans et tsunamis. Eventré de lyrisme, je succombe sous la charge, je me noie… avant que, je ne sais comment, un instinct premier ressurgisse… à moins que ce ne soit cette démence inouïe, cette dingue folie qui me sauve, je n'en ai aucune idée, je me contente de ressusciter, appelez-moi : Lazare. Et dire que certains veulent vivre un siècle, a mon âge j'ai déjà cette impression, cette illumination, et je suis déjà usé, o combien. Rimbaud, Céline, Cioran, ou êtes-vous ?! |
| | Du bleu à l'âme… j'ai choppé ça comme un courant d'air, en passant, au milieu de rien sur un bouquet de tempêtes entre ciel et terre. Des flots de mélancolie déferlent sur mes neurones a la dérive… c'est la fête aux neuneus !! Je me retrouve, seul, devant mon identité, latin que je suis, et un peu grec aussi… entre tragédie et comédie, je surfe sur la vague de ma folie… entre Homère et Socrate, j'hésite : le rivage ou le large ? Déjà petit, ça déconnait grave. J'arrivais pas à me concentrer. J'étais perché. Pour dessiner, par exemple, à l'école ou au catoch, quand il fallait croquer papa, maman ou le Christ… je leur dessinais un cocotier. Ni une ni deux, ça les calmait. Enfin, pas toujours, des fois, ça libérait leurs furies. C'était plus fort qu'eux. Pour les bluffer, je leur récitais n'importe quoi à l'imparfait du subjonctif. Des fois, ça marchait, ça leur coupait le sifflet. Plus tard, entre Jimmy Hendrix et mai 68, j'abordais la modernité. Quelques accents de Rimbaud dans la pupille, un bouquin de Muriel Cerf en poche, le diable vert, et vogue la galère… humer le parfum des tempêtes sur les rivages oubliés, vous voyez ?! Moi, je voyais pas tout à fait encore. Il m'a fallu plonger dans le voyage… jusqu'au bout de la nuit. Sacré Ferdinand ! Aujourd'hui, c'est coton. La vie, quoi. Un petit bout échappé de l'azur, une jolie grimace sur le domaine des apsaras… et mon fantôme qui flotte dans ces tropiques insaisissables. Voyage jusqu'au bout du mystère… peut-être?!! Orphée, encore… je suis fatigue. J'ai du bleu à l'âme… Bacchus m'a privé des dernières vendanges. Zappées, les folles agapes… zou ! Pas une grappe… que dalle! Pas facile, après… la philosophie, tout ça. Le coup du nonos… on veut pas le lâcher, forcement, ça fout un coup. J'entends un chant. Un blues qui déchire la nuit sous les feux follets, un accent lyrique dans l'immensité. Aya ! Pas facile a gérer, j'ai raté un épisode, joker, non?! Tant pis, alors… Putain, ça va pas le faire, la !... laissez-moi 2 ou 3 secondes, le temps de reprendre mon souffle, Eole m'a mis a terre… un rêve de sultane, un petit bout de lune posé sur ce rivage… la bible et le coran face a face, un poids séculaire sur le coin de la gueule et toute la misère du monde sur ma soutane. J'ai pas tout compris… demeure l'essentiel, non ?! J'ai du éluder un truc en chemin, le cote littéraire afin de mordre quand même dans l'atmosphère. Vous ne voulez tout de même pas que je me foute sur la croix… alors, restons dans la métaphore. Jai ien ien. O putain ! c'est pas gagne... j'ai beau faire, j'ai un peu de mal, je vais peut-être pas y arrivé du premier coup, hein ?! J'ai pas droit a un malaise, la?!... allez, un p'tit malaise, quoi, pour le fun ! Je disais quoi, là?! Ah oui, Aphrodite, Héphaïstos… les conneries du genre, version je te la mets à froid dans la stratosphère sous les néons des dieux… la cigale et la fourmi en plus, c'est tout. Pas de quoi en faire un fromage, non?! Je vous sens distrait, la. Un manque de concentration, sans doute, un p'tit chagrin occasionné par des vents contraires sous le feu d'Hélios. Un abysse, une crête et c'est reparti. J'ai du blues à l'âme… |
| | ALCHIMIE Putain, c'est parti !... Quelques météorites se lancent à l'assaut de cette éponge qui me sert de cervelle, et percutent mes neurones à fond les ballons. Elles hurlent, les folles, sous les flammes, baignant dans un océan de braises échappées des enfers à la gloire de l'apocalypse… Un délire haut en couleur, juste là, sur mes pompes… sur la fourche du diable et dans les crocs du Cerbère ! Une onde de choc digne des gémonies sur le chemin du purgatoire, une marche à l' envers pour une chute en or, une chute qui pèse...
Un tremplin à délires sous la voûte et le tout en vision panoramique, le feu de la terre, en direct, rien que pour ta poire, et l'écran qui t'écrase la gueule te vociférant dans les feuilles l'écho des prières sur des millénaires. Alléluia ! Des ombres qui passent et la lumière qui se la joue redondance, c'est le bal des furies qui déboule dans l'arène, la foire aux mélancolies, une balade en surf sur un tsunami. Les neurones à vif sur un chemin d'épines, j'entre dans la ronde épris de frénétiques danses jusqu'au parfum de l'aube, dégoulinant d'aurore et de transe. C'est la full moon party sur le domaine des génies, un morceau de spleen, version tropiques, vaste comme un incendie sur un bouquet de fièvres puissance mille. C'est balaise, je vous le dis, c'est de la balle, c'est du lourd...
Perdu dans l'immensité au milieu du néant sous la voûte, j'ose trois pas dans le silence des dieux et, les deux pieds au bord du gouffre, me jette sans parachute, dans ce vide, dans cet abime. Alléluia ! Issu de la Grèce Antique et du christianisme, enfant de Descartes et des Lumières, barré comme Rimbaud ou bien Céline, je chemine aux cotés de ma fille sous le regard des anges en toute évanescence, je ne suis pas un exemple. Ami du Bouddha aussi, vivant en terre theravada, à cheval sur deux parallèles, Iliade et Ramayana, Dionysos ou bien Shiva, je parcours ces contrées jusqu' à la lisière des confins insoumis, j'entre dans ce domaine ou les ombres sont reines. Des élans lyriques sous le firmament, des bagatelles, des massacres ; la misère en arrogance, errance oblige, et l'âme des humbles dans mon panier, dans ma besace… c'est mon marché à moi, messieurs dames, c'est mon casse-dalle.
Un hommage, en passant, a deux héros des lettres modernes, Rabelais et Pivot, l'un avec l'almanach, l'autre avec apostrophes, ces deux géants qui ont fait entrer la littérature dans nos chaumières, dans nos putains de vies…
Et puis, juste pour le fun, un bonjour à Fabrice Luchini, le seul mec qui réconcilie Aristote et Platon, l'ami de Céline et de Cioran, le troubadour de la scène, le jazzman de la syntaxe, notre conteur à nous…
Elle est pas belle, l'histoire ?... Une putain d'aventure, oui ! |
| | Fragile Tout ne tient qu'à un fil quoiqu'on en dise, quoiqu'on en pense. Je traine ce précepte depuis ma putain d'enfance, seule certitude devant l'éternel, seule vérité. L'enthousiasme développé en chemin, agapes et rires, n'y change rien, que dalle. C'est ainsi, aucun chagrin, aucune larme à la clé, pas besoin d'en rajouter, aucune litanie, pas de cinoche particulier ni de grandiloquence dans cet énoncé.
Entre misère et volupté, entre rage et fatalité, quelques bulles de spleen crèvent l'atmosphère comme autant de pétards mouillés, de danses éphémères dans un élan mort-né.
Tout ne tient qu'à un fil quoiqu'il se passe, cet adage ne souffre aucune exception, aucune contradiction ; un chemin de croix en guise de parterre étoilé et un fouet pour te défouler, si jamais, dans les transes de la culpabilité. Alléluia !
Entre dogmes séculaires et laïcité, entre bonnes intentions et état policier, écolos ou bien curés, plus d'espace pour oser respirer, plus de champ ou planter ma graine, ma liberté… je ne suis qu'un humble, qu'un damné. Marre des ces grands seigneurs de l'Histoire ou de la modernité, le monde reste à inventer. Epris de douces folies, de légèreté, je zone sous la voûte a la recherche de mon moi évaporé, de mon péché. Malgré tous mes excès, ivre de genèse et d'apocalypse, je titube a l'approche de ces mystères qui emplissent ma sphère, je me la joue religion du livre ou bien enfant d'Homère. Le tout sur un air de mousson entre monolithes karstiques et lambeaux d'azur, c'est mon décor surréaliste, mon panorama en terre theravada sur le chemin des apsaras. Shiva ou Dionysos, Jésus ou bien Bouddha, Iliade ou Ramayana, je vogue entre deux mondes à la lisière de la schizophrénie. Tout ne tient qu'a un fil… |
| | Ce soir, c'est mon anniversaire Alors je me suis laché, je vous en ai compose une belle Une barrée, une éphémère Une dingue qui donne des ailes Santé ! ET POURTANT… Au saut du lit, une grappe sur le tapis, un rêve inassouvi et ta misère en garantie. Ta sève, ta rage et ton essence en alchimie, soit à peu près que dalle sous la ronde des astres. Jusque-la, on est d' accord. Et pourtant… Un petit bout de folie qui passe dans la nuit, un mystère à ce point inouï que j'en perds tout instinct de survie. Cette petite souris me cloue jusqu'au parfum de l'aube, jusqu'à la lie. Du souffre, du miel et de la fleur de sel. Ta vie, la mienne… soit pas grand-chose, en vérité.
Et pourtant… Le bal des chimères, la roumba des illusions et des petits bouts de rien jusqu'à l'infini. Une crête, un abysse et tes phantasmes qui surgissent au milieu de la nuit. La course du funambule dans le silence des dieux sous le regard des anges. Et pourtant… Ta vie qui passe comme un fantôme et ton âme qui flambe dans la tourmente. Des orages lunaires, des histoires de martien à qui mieux mieux et tes tripes qui baignent sur le parvis. Et pourtant… Un morceau de rêve, un bonbon à la menthe et ta douleur dans l'atmosphère. Des feux tout fou dans les bras de Morphée et ta matière grise qui brûle dans la lumière. C'est le bal des furies sous le feu d'Eole, c'est ta putain de vie dans un tsunami. Et pourtant… Une bulle de jazz dans la stratosphère, un petit bout d'azur décroché du ciel et ton blues dans l'immensité sous la ronde des astres… ton âme en délire au milieu des flammes, ta rage dans le vent, ton souffle sur les éléments et de la lave dans tes artères.
Et pourtant… Un petit bout de ciel rien que pour ta gueule sous le regard des anges et ce putain de mystère, sous la voûte, impossible à éluder. Un loukoum sur la voie lactée, un joujou incontrôlable et toute ta putain de sève pour ce challenge. La cerise sur le gâteau, si j'ose, peut-être… Et pourtant… Un parfum, une alchimie, et ta mémoire qui bloque sur le nonos. Ta vie entière sur ce brasier et ton essence qui se consume à la vitesse de la lumière. Une pluie de lasers sur ta solitude et une ode lyrique, si jamais, au milieu du néant. Et pourtant… La vie, comme ça, la mort quelquefois, l'instant de grâce sur un moment bénin et un petit bout insaisissable dans l'œil du cyclone. Les rires fusent, les larmes abondent, la ronde des mélancolies et la rage de tes neurones pour seul appétit. Un banquet dans la cour des miracles, une incursion sur le panthéon, une immersion chez ton cousin poison et ta balance qui a pété les plombs. Et pourtant… Un bouquet de chimères sur un lit d'étoiles en parterre, un ballet nuptial d'éphémères… des odes, des ballades et un concert de casseroles… des mélancolies qui passent, des rêves, des humeurs, des cauchemars dans l'atmosphère… et mon spleen qui vogue sur un tapis volant dans la nuit des iles a fond les gamelles, a fond les ballons. Et pourtant… Du fond de ma retraite, moitie ermite moitie anachorète, un croissant de lune en guise de lampe de chevet, des feux follets dans mes cheveux et ce sourire crétin, image de mon reflet, j'ose trois pas dans le silence des dieux… et vous salue, filles, dames et messieurs, amis lecteurs, avec panache et respect… poil au nez. |
| | Une lame de fond, un bruit sourd et profond, une lande qui émerge, un bouquet de jungle sur un désert marin, un volcan qui sommeille quelque part en Asie dans l'Océan Indien.
Des nuages qui roulent déboulant sur l'azur comme un bataillon de furies et une mer renversée sous un ciel d'écume embrasé par un soleil englouti.
Des images qui passent à une vitesse folle et le même visage qui apparaît sur ce rivage oublié.
Une fille qui se réveille sous les tamariniers, un petit bout de grâce à s'en décoller la rétine et des éclats de rire sous des lambeaux d'azur.
Un mystère aussi épais que la planète terre, aussi léger que l'atmosphère, aussi dense que d'étoiles un parterre.
Un petit bout de ciel sur un morceau de rêve et toute la voûte concentrée sur cette grappe de soleil au beau milieu du firmament.
Ma vie pour une danse avec elle, mon souffle dans son haleine, sa main dans la mienne pour une ronde éphémère, moitie cigale moitie grillon, et les racines du ciel dans nos artères.
Mes yeux sur ce croissant à jamais posés et les mille et une fièvres de son regard dans mes prunelles, dans mes iris, plantées.
Mes yeux sur cette étoile née, la même que celle du berger, et ma vie portée par ce mystère impossible à éluder.
La foudre qui tombe sur ma poire et un ballet de vents en furie sur mon chemin d'errances empli de grimaces et de parades sauvages.
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| | UNE ODE AUX PETITES FLEURS DE SIAM...
Petite mangue du Siam échappée des jardins de Korat et tombée sur ma pomme en plein délire tropical sur le rivage, à Rawai, je te salue.
De tes manies en guise de parade, de ton cinoch à foudroyer les anges, je me nourris. Je goûte à tous tes caprices, quitte à m'en mordre les doigts, et savoure avec délice tes airs de princesse, tes élans, tes colères.
Entre mythe et réalité, moitie fille moitie oiseau à l'image des Kinaree, tu entres en scène sur mon théâtre aux accents ramayanesques. Tu aiguises ma latinité et renverses mes instincts premiers, tu me la joues apsara sur le mont Indra et je bois à ton calice ces doux poisons venus du fond des ages sur tes terres de légendes.
T'écoutant sous la voûte, je bascule dans ces contes épiques issus de ta culture et plonge dans cet univers romanesque sans retenue. Tu es ma muse et je me laisse emmener dans ces contrées, sur ce domaine où règnent les génies.
Je pénètre des mondes insolites aux codes inconnus pendant que la belle me la joues métamorphose sur sa planète à elle. C'est la ronde aux mystères, nous franchissons la lisière des confins insoumis.
Je me balade sur ce parterre de palmes et d'épines, et m'évapore dans ces atmosphères emplies d'essences aux parfums sauvages à tes cotés, tu es ma chimère, ma dryade… ma petite sœur aux yeux d'Asie.
« Amoureuse de la campagne
Semant partout
Comme une mousse de Champagne
Son rire fou »
Evadée de l'azur pour ma fureur terrestre, petit mélange haut en couleurs des trois cent fruits qui honorent ta terre, ton pays, je te savoure, je te chimérise, je te suis, je te respire.
Echappée des frontons d'Angkor, des bas-relief de Boriram ou de Pimai, tu viens nous visiter, nous surprendre, nous mystifier… facile, tu es la lumière, l'alchimie première… tu es le ventre du monde.
Tout le Siam te remercie, tu es la quintessence de la sphère, le modèle, l'étincelle… tu es ce petit bout d'âme, totalement indomptable, ce petit souffle épris de liberté qui veille sur la conscience humaine. Devant toi, je me recueille… et m'évapore au parfum de ton évanescence. |
| | PUTAIN QUELLE AVENTURE!
Je me mate le crépuscule sur Rawai, de la balle ! Des arabesques pourpres comme je les aime et une ribambelle d'écarlates à couper le souffle. C'est de la dynamite ! Ca calme la folie... ou bien ça la multiplie, je sais pas trop. Je crois bien que tout alimente ma démence, en chemin, je fais feu de tout bois afin de me renverser le neurone tout azimut et poser quelques proses sur ce putain de papier. Je côtoie les muses depuis si longtemps... un peu dans la lune, quoi, et tout le feu de la terre qui déferle sur mon être dans le silence des dieux... Putain, quelle aventure !
Bon, vous, ça a l'air d'aller, non?! Le festival de la mousson commence, il parait, c'est la saison des crapauds buffles et de leurs opéras survitaminés, le temps des feux follets et des concours de chants par nos amies cigales. Ca ravive la mémoire que ces tremplins musicaux, tout revient à la surface sous le regard des anges, intact, même pas une virgule éludée, tu replonges dans l'atmosphère comme si tu y étais, comme autrefois, un retour à La Genèse, quoi, inouï. Putain, quelle aventure !
Merde, alors ! C'est l'ami Sek Losso qui déboule à l'instant dans la radio, mon chanteur Thaï préféré, j'en ai la cervelle qui fume et toute mes pores qui éructent, un million d'émotions, d'émois s'engouffrent dans l'histoire, des tranches de vie comme des quartiers d'oranges resurgissent au milieu de mille et une dingueries, c'est la foire aux mélancolies. C'est le bordel, oui ! Dire que la folie nous guette entre deux continents, deux furies... Entre mistral et mousson. Putain, quelle aventure !
Allez, je m'en remets un petit verre, un petit bout de volupté échappé des enfers à la gloire des poètes maudits dans le néant qui nous entoure. Un petit air fou afin de se protéger de toute démence environnante entre fureur et délire. Putain, quelle aventure! Sinon, bonne Songkran... putain, quelle aventure !
Voici venu le temps des joutes aquatiques et des ballets ludiques, le temps de la nouvelle année. Allez, un petit expresso pour la route, j'en suis a mon vingtième, un de plus, un de moins, quelle importance, ça fait bouillir la cervelle, c'est tout, c'est l'antidote contre Alzheimer m'a avoué mon cardiologue, un martien échappé de l'asile qui fume comme Gainsbourg. Un pote, quoi. Et voila que les cieux pleurent sous la voûte... c'est pas gagné. Putain, quelle aventure !
Ma fille tente de m'expliquer que la Terre est ronde en me montrant un globe, je lui réponds que c'est tout des conneries et que la terre est plate, bien sur, il faut pas écouter tous les vents qui passent. Qu'est-ce qu'ils sont cons, les mioches, à cet age, c'est inouï. Elle me sollicite afin de l'éclairer sur les chemins de la vie, dit-elle, je me garderai bien d'y filer le moindre conseil étant donne que j'ai a peu près toujours fais le contraire de ce qu'on m'a dit de faire. J'avais bien une ou deux certitudes, autrefois, mais depuis, elles ont volées en fumée. Donc, je me tais et ne l'ouvre que quand je n'ai rien à dire, sage principe. Putain, quelle aventure !
Ah, j'oubliais, je revais à la plage, incroyable, une décennie que je n'y avais foutu les pieds. Ma sirène de gonzesse m'entraîne dans son sillon, elle manque d'iode la petite fleur de lotus et plonge quotidiennement dans l'océan pour se ressourcer. Elle me fait son cinoch, la demoiselle de la mer, elle me la joue naïade et se métamorphose à souhait, juste pour ma volupté... putain, quelle aventure !
Entre Rawai et Nai Harn, j'hésite... le rivage ou le large?! Ces deux paysages me titillent le neurone, deux tremplins aux mélancolies, deux panoramas sous la voûte qui collent bien à mon délire, à mes folies qui dansent sous des lambeaux d'azur... putain, quelle aventure !
Allez, je me lance, je me jette dans la vie, splash, et tant pis pour la suite, j'ai perdu mon parachute... Putain, quelle aventure ! |
| | Ca va, vous?! Les volcans se réveillent, il parait, dans les îles insoumises, la terre bouge et les raz de marées déferlent sur les rivages, c'est la saison des tsunamis ! Les hommes meurent, et ceux qui restent les pleurent... Et nous, pauvres fous égarés dans la multitude, écrasés de ténèbres, on déambule dans les décombres, on marche sur les ruines, on court sur les braises, le regard hanté par notre destinée, notre calvaire...
Les dieux n'en ont cure, ils sont blasés. Leurs orgies et banquets terminés, repus à souhait, ils se rendorment dans leur sommeil opiacé. Nous, les damnés, on garde la misère comme seul attribut, peines et labeurs comme pain ou riz, les tourments pour seule joie, seul avenir...
Un ange qui passe, un vertige, une ivresse... et mon âme qui galope dans les enfers. Hyènes et vautours à mes trousses, je zone dans les bas fonds à la recherche de mon moi évaporé, de mon péché.
Allez, venez ! Je vous emmène danser sur les volcans, nous irons toucher au feu sacré, nous irons prendre le pouls de la bête, dans les entrailles de notre terre, de nos tombes.
Bon, j'ai remplacé les tisanes par le café... ça fait chuter la température, il parait.
Un peu de musique, une clope, des folies qui dansent dans la tête... et c'est reparti sur le fil de l'existence tel un funambule perché sur le palais des vents, à l'assaut des tempêtes et des furies qui passent...
Entre fièvres siamoises et délires paludéens, je me réveille au milieu des marées dans un océan de mangroves. Un dédale de racines gît sous les palétuviers, des cathédrales burlesques surgissent entre mer et chlorophylle, et tout un monde semi aquatique émerge de cette fange surréaliste, c'est la fête aux reptiles, aux batraciens.
Des lézards géants, gros comme des longtail-boats, déboulent des Enfers et menacent comme Cerbère pendant que mille et un oiseaux de feu, martins-pêcheurs et pitas, nous la font Septième Ciel. Ils se la jouent multicolore, nos amis piafs, et se drapent des plus beaux atouts, c'est l'heure des voluptés. Crabes, moustiques et sangsues se jettent dans les interstices et inondent vite les derniers espaces afin de participer au festin. On dirait que l'atmosphère change... serait-ce moi, le dîner ?!
Enfin, un rayon de soleil perce à l'horizon, le déluge touche à sa fin, le sud thaïlandais gît sous des inondations historiques et nous baignons dans un décor surréaliste, c'est l'apocalypse...
Je me rappelle... des flamboyants sur la route, des écarlates en délire sous l'azur, un océan de chlorophylle et des pitons karstiques plantés comme des obélisques sous la voûte... des mosquées, des temples rutilants érigés entre ciel et terre...
l'asphalte qui défile et mes neurones qui claquent dans la lumière... je me rappelle.
Les paysages roulent sur mes paupières et semblent surgir d'un songe. C'est sûr, c'est ici qu'est né le monde ! Carpe Diem |
| | Soumise à la clémence des flots de la Mer Andaman , Rawai la douce se réveille d'un sommeil de mille ans rattrapée par un réseau urbain tentaculaire aux allures balnéaires. Phuket Ville s'étend désormais jusqu'à son seuil révolutionnant ce rivage légendaire.
Sur un bouquet de palmes décroché de l'azur est venu se poser mille et une résidences pour retraités occidentaux en quête d'un éternel été et d'une jeunesse retrouvée. Au volant de rutilants 4/4 et autres Fortuner, ces messieurs nous provoquent d'étonnants embouteillages avides de croissants pour leur petit déjeuner ou bien pressés et quelque peu angoissés de rater cet heure annonçant l'apéro sous les cocotiers. Bars et boulangeries abondent dans les sois, les ruelles qui parcourent ce lieu et des accents citadins circulent sur le domaine des génies chassés aujourd'hui de leur panthéon terrestre. Les voilà tous rejetés à la mer comme de vulgaires icônes du passé, remplacés par des klébards enragés, cerbères de la modernité aux portes des propriétés qui s'étalent tout autour.
Et pourtant Rawai recèle toujours cet indéfinissable charme issu de la création, il suffit d'ouvrir les yeux sur les contours et de doucement les refermer à l'approche des muses venant pique-niquer au hasard du rivage sous les feux de Morphée. Une alchimie particulière se mélange à l'atmosphère dans la nuit des îles pendant que les crapauds buffles s'égosillent sur un air de mousson. C'est Rawai la nocturne entre mer et parterre étoilé au-dessus des nuages qui dansent sous la voûte. C'est Rawai l'indomptable parfumée d'essences siamoises dans le silence des dieux sous le regard des anges, c'est Rawai la rebelle éprise d'éternité, là ou les Mokens vinrent se sédentariser, il y a de cela plus de deux mille ans, ces fameux gitans de la mer qui élirent ce rivage pour le rendre animé et désormais mythique.
C'est mon Pérou à moi dans ce royaume épique, c'est ce petit bout d'Asie qui colore ma vie, c'est mon croissant de lune, mon étoile du berger, mon temple sacré, ma chapelle Sixtine, mon rêve illuminé.
J'y ai même croisé le fantôme de Jean Boulbet.
O Rawai ! Tu danses dans ma mémoire… |
| | QUI ES-TU? LES TOURISTES.
Phuket et plus particulièrement Rawai Beach ont jadis eu la réputation d'être une destination de 'backpackers' venus profiter d'un cadre exceptionnel où il faisait bon vivre. L'ambiance hippie décontractée où s'entremêlaient odeurs de patchoulis affiné à l'encens et soirées électriques finissant au levez du soleil sur la plage ont longtemps été l'image de Rawai.
Les 'visiteurs' arrivaient en nombre - mais pas en masse - des quatre coins du monde curieusement nommé occidental, composés de contingents anglais, allemands, américains, australiens, italiens et, ne nous oublions pas, français. Entre 25 et 40 ans, rarement en couple - nous étudierons ce phénomène ultérieurement -, l'oeil vif, avide de découvertes exclusives et particulièrement joyeux lorsque se profilait l'heure des 'happy hours' dont on gardait les lieux presque secrets tant il étaient rares ...
De retour en l'an de grâce 2011 de notre ère, beaucoup d'anciens 'visiteurs' se trouveront fort étonnés du changement radical qu'a subi la plage de Rawai et ses proches alentours. Non pas que le charme tropical dela région ait succombé aux appétits féroces des 'prometteurs' immobiliers,Rawai se présente aujourd'hui comme une vraie destination internationale, accueillante pour tous où l'on échange ses expériences en russe, en polonais, en espagnol, en tchèque, en portugais, en arabe, en farsi ou en chinois pour ne citer qu'eux.
Les familles nombreuses ont choisi Rawai pour son calme, son large choix d'activités et d'excursions et surtout pour ses tarifs abordables si l'on compare les ardoises pratiquées sur d'autres plages à la réputation très sulfureuse dont bien entendu, nous tairons les noms par respect pour nos lecteurs les plus jeunes. Ainsi Rawai est devenue la belle cosmopolitaine de l'île de Phuket où l'on peut encore se parler, où on ne sourit pas qu'à votre porte monnaie et où l'on rit et prend le temps de vivre, loin des ghettos à milliardaires ou autres bas fonds aux lampions rouges où les "my friend" deviennent chaque jour plus effrayants.
D'où que vous nous lisiez, de Téhéran à Bogota en passant par Johannesburg, Rawai la moderne vous souhaite la bienvenue et vous accueillera comme il se doit. |
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